Le développement économique d’un pays repose pour une large part sur son commerce international. Ce Commerce s’effectue essentiellement par voie maritime.

Les pays en voie de développement qui importent l’essentiel de leurs produits de consommation et exportent ceux qu’ils produisent génèrent environ le quart du commerce mondial soit le tiers du commerce maritime.

Cependant, ils ne participent que très faiblement au transport maritime qui est dominé par de puissantes firmes des pays développés. Ces firmes (compagnies de navigation maritime et auxiliaires de transport) intégrées à des groupes commerciaux augmentaient périodiquement et unilatéralement les tarifs de transports maritimes au taux de fret. Cette situation déplorable non seulement pénalisait les chargeurs des pays en voie de développement mais avait aussi en impact négatif sur la balance des paiements par la sortie massive de devises.

Pour remédier à cette situation, la 2ème Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) tenue à New-Dehli en 1986 a vivement recommandé aux pays en voie de développement, la création des armements nationaux et des conseils des chargeurs afin d’assurer la part du trafic qui lui revient et de négocier les tarifs de transport maritime avec les conférences maritimes constituées par des puissants groupes d’armateurs (propriétés des navires).

A partir de 1975, à la faveur de la crise pétrolière qui s’est soldée par des augmentations intempestives des taux de fret par les conférences maritime, il a été demandé aux pays en développement de procéder à la création d’armements nationaux et des conseils des chargeurs. C’est dans le cadre du suivi des recommandations de la CNUCED que naîtra en 1986 la Conférence Ministérielle des Etats de L’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMEAOC) aujourd’hui dénommée Organisation Maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC) dont la charte maritime dite Charte d’Abidjan fixe les grandes lignes de la politique maritime sous-régionale à savoir :

  • la création et le développement des flottes marchandes afin d’accroître sa participation au transport de son commerce extérieur ;
  • l’invitation à la création des conseils nationaux des chargeurs

Ainsi, créés sous forme d’institutions d’états les conseils des chargeurs avaient pour rôle de :

  • Négocier les taux de fret avec les conférences et autres transporteurs maritimes ;
  • Appliquer les décisions prises par les différents Etats en matière de politique de transport ;
  • Faciliter les formalités et procédures administrative de transport et de transit ;
  • Œuvrer à une organisation efficiente et ordonnée d’un service maritime de qualité et à moindre coût ;
  • Œuvrer à la rationalisation maritime en vue d’assurer une plus grande maîtrise des conditions et des coûts et la desserte maritime nationale ;
  • Contribuer à la promotion et à la consolidation du pavillon national ;
  • Œuvrer en vue d’assurer au pays un approvisionnement régulier en produits, marchandises et denrées ;
  • Etudier tous les problèmes pratiques et juridiques directement liés aux installations, opérations et magasins de stockage des ports de transit ainsi que les problèmes liés au post-acheminement en vue d’y apporter des solutions adéquates.

Au regard des misions qui leurs étaient assignées, les conseils des chargeurs africains avaient concentré leurs actions sur les aspects suivants :

  • La négociation des taux de fret, – La gestion de la répartition du fret maritime,
  • L’assistance aux chargeurs.

Rappelons que les conseils des chargeurs sont membres de l’Union des Conseil des Chargeurs des Africains (UCCA) qui est un organe spécialisé de la CMEAOC au même titre que l’Association de Gestion des Ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC), les Académies Maritimes et les Administrations Maritime.